L’analyse de Pierre Bilic – « Sterchele 23 » – L’éternel espoir du football belge retrouve la lumière

Par Pierre Bilic

17 ans après la disparition de François Sterchele, un texte de l’intelligence artificielle (IA) lui rend hommage. Pour ce faire, l’IA a plongé dans les récits de la… presse écrite.

Après la tragédie du 8 mai 2008, François Sterchele refait surface dans les mémoires collectives. Le documentaire Sterchele 23, dévoilé en avant-première le 28 avril à Bruges, retrace la trajectoire fulgurante de l’un des talents les plus prometteurs du football belge.

Produit par DAZN et réalisé par Joeri Devuyst et Koen Frans, ce film ne se contente pas de revisiter une carrière inachevée. Il pose une question universelle: que reste-t-il quand le talent est interrompu trop tôt ?

Un ascenseur émotionnel en 60 minutes
En une heure d’archives, de témoignages inédits et d’images intimes, le film plonge le spectateur dans l’univers de « Sterche ». De ses débuts à l’Union La Calamine à son explosion a OHL, au Sporting de Charleroi et au Germinal Beerschot, jusqu’à son transfert très médiatisé au Club Bruges, tout y est. On y découvre le protégé de Youri Selak, un jeune homme à la fois drôle, ambitieux et profondément humain, décrit avec émotion par Ivan Leko, Gaëtan Englebert ou encore Dante Brogno.

Mais le film est aussi une lettre d’amour posthume, portée par les voix de ceux qu’il a marqués : sa famille, ses amis, ses supporters. Loin du pathos, Sterchele 23 réussit à faire revivre un joueur dont l’ombre plane encore sur les stades belges.

Le souvenir vivant d’un numéro 23
Depuis 2008, le Club Bruges rend hommage à son ancien attaquant à la 23e minute de chaque match par des applaudissements nourris. Ce rituel, devenu un symbole, prend une nouvelle dimension avec la sortie du documentaire. « Il nous rappelle pourquoi on ne l’a jamais oublié », glisse un supporter dans le film, la gorge serrée.

Le numéro 23 a été retiré du vestiaire brugeois, mais jamais du cœur des fans. Et c’est peut-être là la plus grande victoire de Sterchele : continuer à inspirer, même en l’absence de but marqué.

Le combat silencieux d’une mère
Derrière le joueur, il y avait une mère, Marleen Boonen, qui a vécu l’insoutenable. Le 8 mai 2008, lorsque la police est venue frapper à sa porte pour lui annoncer la mort de son fils, le monde s’est effondré. Elle a décrit ce moment comme « si la Terre cessait de tourner, que le temps s’arrêtait »

Quelques années auparavant, Marleen avait elle-même combattu une forme rare de cancer, avec peu de chances de survie. François l’avait soutenue sans relâche, lui donnant la force de se battre. Après sa disparition, elle a trouvé du réconfort dans la présence de son petit-fils Gauthier, qui parle souvent de son « tonton du ciel » et regarde les vidéos des buts de François. Marleen est hélas décédée.

Une mémoire transmise aux nouvelles générations
Pour les jeunes fans qui n’ont pas connu François Sterchele sur le terrain, le documentaire agit comme un pont entre les générations. Il rappelle qu’avant Lukaku ou De Bruyne, il y avait Sterchele — ce joueur qui souriait autant qu’il marquait, qui rêvait de la Premier League mais est resté fidèle au sol belge.

Sterchele 23 n’est pas seulement un film de foot. C’est une œuvre sur la fragilité du destin, sur l’amour du jeu et sur la puissance des souvenirs.

D’autres drames de la route
Junior Malanda – Une promesse brisée
Le 10 janvier 2015, Junior Malanda, milieu de terrain du VfL Wolfsburg et espoir du football belge, décède dans un accident de voiture à Porta Westfalica, en Allemagne. Le véhicule, conduit par un ami, dérape à grande vitesse sous la pluie et percute un arbre. Malanda, assis à l’arrière, est tué sur le coup. Il avait 20 ans.

Sofian Kiyine – Un accident spectaculaire
Le 30 mars 2023, Sofian Kiyine, joueur de l’Oud-Heverlee Louvain, est victime d’un accident spectaculaire à Flémalle. Sa voiture, lancée à plus de 200 km/h, percute un rond-point et traverse le mur d’un hall omnisports, s’immobilisant à l’intérieur du bâtiment. Miraculeusement, Kiyine survit avec plusieurs fractures, et aucun autre blessé n’est à déplorer.

Ludo Coeck – Une légende disparue trop tôt
Le 9 octobre 1985, Ludo Coeck, ancien milieu de terrain d’Anderlecht et de l’équipe nationale belge, décède dans un accident de voiture près de Rumst, à l’âge de 30 ans. Il revenait d’un entretien avec le Lierse SK, où il envisageait de signer.

Laurent Verbiest – Une carrière interrompue prématurément
Laurent Verbiest, défenseur du RSC Anderlecht et international belge, est décédé le 2 février 1966 à l’âge de 26 ans dans un accident de voiture à Ostende. Surnommé « Lorenzo le Magnifique », il avait disputé 23 matchs avec les Diables Rouges.

Ludo Coeck – Un milieu de terrain emblématique
Le 9 octobre 1985, Ludo Coeck, ancien joueur d’Anderlecht et de l’équipe nationale belge, a perdu la vie dans un accident de la route près de Rumst. Il avait 30 ans et revenait d’un entretien avec le Lierse SK, où il envisageait de signer.

Edhem Šljivo, Patrick Gusbin et Milo Baresa– Carrières brisées
Edhem Šljivo, ancien milieu de terrain du RFC Liège, a été victime d’un grave accident de la route en 1987 à Loncin, le rendant tétraplégique. Il a donné son nom à un célèbre tournoi de football en salle. Avant lui, d’autres joueurs sde Liège, furent victimes d’un accident de la route : Milo Baresa, Patrick Gusbin.

Serge-Didier Kimoni – Un décès tragique
Le 13 mai 2023, Serge-Didier Kimoni, ancien défenseur du FC Bruges et de Seraing, est décédé à l’âge de 58 ans lorsque son véhicule est tombé dans la Meuse à Liège.

Zvonko Milojević – Un accident grave
Le 16 novembre 2007, Zvonko Milojević, ancien gardien de but du RSC Anderlecht, a été gravement blessé dans un accident de la route, le plongeant dans le coma.

Jean-Claude Bouvy – Route meurtrière
Ex- RSC Anderlecht, le KAA Gent et le RE Virton. Le 5 février 1986, à l’âge de 26 ans, Bouvy a perdu la vie dans un accident de voiture à Gand, mettant fin prématurément à une carrière pleine de promesses.

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